Maison des Solidarités


"On ne devrait jamais juger une nation sur la façon dont elle traite ses citoyens les plus riches mais sur son attitude vis-à-vis de ses citoyens les plus pauvres" : ce sont ces paroles de Nelson Mandela que Julien Hézard, conseiller municipal délégué aux solidarités et administrateur du Centre communal d'action sociale, a choisies de prononcer à l'occasion de l'inauguration de la Maison des Solidarités le 17 octobre 2014 dernier au Foyer-Ambroise Croizat.

L'événement  a volontairement été organisé à cette date qui correspond à la Journée Mondiale du Refus de la Misère, célébrée chaque année depuis 1987 à l'initiative du père Joseph Wresinski, fondateur du Mouvement ATD Quart-Monde, et officiellement reconnue par les Nations Unies en 1993.

Un retour aux sources

La Maison des Solidarités est née de la volonté municipale de regrouper plusieurs services  à vocation sociale autour d'un guichet unique, avec une action prioritaire : le transfert du CCAS (service social et antenne emploi) de ses anciens locaux vers le Foyer Ambroise-Croizat. Pas vraiment une révolution mais plutôt un retour aux sources puisque les plus anciens se souviennent que les bureaux du CCAS ont fonctionné au Foyer Ambroise-Croizat  de 1979 à mai 1994.
Ce jour à marquer d'une pierre blanche, a été placé sous le signe de l'intergénérationnel, s'inscrivant pleinement dans la politique municipale du « bien vivre ensemble ». En effet, dans l'après-midi, sous l'égide du service enfance jeunesse de la ville, un groupe d'enfants participaient, dans le cadre des nouvelles activités périscolaires, à un goûter avec les anciens de la résidence Ambroise-Croizat. Les invités pouvaient y visiter une exposition de dessins ayant pour thème "la misère vue par les enfants", et réalisés par les enfants du club "Les copains du monde", bénévoles du Secours populaire de Nancy. Dès l'entrée, le ton était donné avec le "mur de la misère", de Marie et Odette deux habituées du foyer, destiné à recueillir les impressions des visiteurs sur de petits morceaux de papier. Les enfants avaient aussi oeuvré à la réalisation d'abris pour personne sans domicile fixe à l'aide de matériaux de récupération tels que des cagettes. Tout ce petit monde a ensuite visionné un reportage vidéo réalisé auprès des élèves du Groupe élémentaire avant de se retrouver autour d'un chaleureux goûter.

 

Le coeur de la politique sociale de la ville

Le but de cette journée : « éveiller les consciences et pousser chacun à agir en faveur des plus démunis pour un monde plus juste », comme l'a rappelé Stelvio Fleury, adjoint aux affaires sociales et au logement, vice-président du CCAS, dans son discours avant de laisser la parole au maire, Bernard Bertelle. Ce dernier n'a pas manqué de remercier tous les élus et le personnel qui ont conduit l'action du CCAS depuis 1977. Une nouvelle page se tourne aujourd'hui : Virginie Mahuet, assistante sociale, et Catherine Olivier, chargée d'accueil, se tiennent à la disposition du public les lundis et mardis de 9 h à 12 h et de 13 h à 17 h et du mercredi au vendredi de 9 h à 12 h dans ces lieux remis à neuf et qui sont désormais le coeur de la politique sociale de la ville. La journée s'est conclue au cinéma Jean-Vilar avec la pièce de théâtre "l'estomac dans les talus" par la Compagnie "Le jour et la nuit", l'histoire de deux hommes qui se réveillent un matin sous leur tente et qui ne découvrent nulle autre nourriture qu'un amas de papier froissé qui peut-être les aidera à tenir le coup. Hugo, Prévert, Zola, Izzo, Édouard Louis, Denis Robert et les autres, ce jour-là, sont venus leur tenir compagnie. Le hall du cinéma a également servi de lieu d'exposition pour les photographies de René Taesch, ancien SDF. Une journée en forme de prise de conscience donc car comme l'a souligné Stelvio Fleury, « il est bien étrange ce temps d'aujourd'hui qui voit les progrès des sciences et des techniques exploser chaque jour alors que parallèlement la misère s'incruste et ainsi rogne et ronge trop de vies ».